• Genèse

     

     FenrirInaugural

     

    Collaboration

     

     

    Ses parents étaient partis depuis quelques mois maintenant, elle s'était installée dans une grange, à l'écart de tous, elle ne voulait pas voir d'adultes, elle ne voulait pas se rappeler, elle ne voulait plus rien et ne disait plus rien non plus. Ses journées étaient monotones et vide de tout, le matin elle se levait, s'habillait, et, à pied, partait pour l'école, c'était tout ce qui la raccrochait à la réalité, l'école. Bien qu'elle n'avait pas de relation amicale aucune, elle y allait parce que ses parents l'avaient inscrite et que peut-être que ça lui serai utile, qui sait … Et puis à ne rien faire, elle finirait par devenir folle.

     

    Amorphe et inintéressante, voilà tout ce que représentait Fenrir pour le reste du monde. C'était ce visage dénué d'expression qu'elle présentait au reste du monde. Elle n'était plus rien, voilà tout ce qu'elle pensait et voilà tout ce que les gens pensaient d'elle.

     

    Un jour comme les autres, Fenrir, près de la porte, l'épaule écrasée contre le mur, écoutait on ne peut plus distraitement le professeur qui s'évertuait à lui faire rentrer dans le crâne quelques procédés mathématiques inutiles. Elle s'ennuyait, elle s'ennuyait tellement … Et pourtant elle n'avait rien d'autre à faire de ses journées. Triste fille.

     

    Alors qu'un nouveau théorème s'étalait sur le tableau noir, Fenrir s'en désintéressa complètement et planta son regard dans l'horizon qui s'étalait au-delà de la baie vitré à l'opposé de la porte. Dehors, les champs d'herbes sèches où courait le vent créaient une ambiance particulière. Fenrir se perdit dans sa contemplation quand quelque chose attira son attention. Plutôt quelqu'un que quelque chose. Une jeune fille … Une jeune camarade de classe qui, comme elle, contemplait le tableau ocre. Elle était, aux yeux de Fenrir, tellement différente des autres élèves.

     

    Elle était là, elle observait avec un petit sourire charmant et charmeur l'extérieur. Ses yeux pétillants étaient dans le vague. A quoi pouvait elle bien penser ? Se disait Fenrir. Un crayon à papier se baladait, presque dansant, entre les doigts de la jeune inconnue. Une aura, elle avait une aura qui attirait irrémédiablement la petite orpheline.

     

    Elle devait aller lui parler.

     

    La curiosité la démangeait, pour une fois depuis longtemps, Fenrir ressentit quelque chose. Quelque chose d'agréable, elle devait en savoir plus et elle avait hâte.

     

    L'heure qui passa fut la plus longue de sa petite vie, elle n'attendait que la sonnerie et quand celle-ci retenti, Fenrir se leva comme un automate et se dirigea vers ce bureau à l'opposé du sien. Elle devait savoir !

     

    Arrivée à quelques mètres de la table de sa camarade de classe, l'orpheline détailla le cahier de mathématiques vide de formule et plein de dessins, il n'y avait que ça et quelques copeaux de gomme sur un coin du bureau.

     

    Fenrir s'approcha encore un petit peu, jusqu'à arriver devant la table :

     

    « C'est joli ce que tu dessines.»

     

    Sa voix sonnait faux dans sa tête, elle ne l'avait pas entendu depuis tellement de temps … Elle lui semblait étrangère, pourtant la sensation fut magnifique, elle avait récupéré un petit morceau d'elle-même.

     

    En face d'elle, la jeune fille répondit avec un ravissant sourire :

     

    «Merci !! C'est gentil ! Mais j'ai encore plein de progrès à faire !»

     

    L'expression de Fenrir ne changea pas, non qu'elle ne s'en désintéressait, bien au contraire mais, là, perdu dans une multitude d'autre dessin, un trois-mâts était gribouillé au crayon de bois. Il attirait l’œil de l'orpheline comme un aimant mais la contemplation fut de courte durée car bientôt, la petite camarade de classe demanda :

     

    «Tu es la fille qui ne parle jamais, hein ? Ah désolée ! Mais euh … Je suis curieuse... Moi c'est Neir !!»

     

    Fenrir posa les yeux sur la petite Neir qui lui souriait. Quelque chose s'alluma dans le regard de l'orpheline :

     

    «Fenrir.»

     

    Neir, à l'entente du nom, offrit un merveilleux sourire chaleureux à la petite. C'était le début d'une longue amitié. Elles se confièrent tout, plus aucun secret n'existaient entre elles. Fenrir réapprit peu à peu à sourire.

     

    Puis leurs chemins se séparèrent, nouvelle déchirure. Le temps passa et Fenrir grandit, fabriqua ses premiers patins volant en volant quelques bonbonnes de Valiôm; à l'école, la vie suivait son cours.

     

    La tempête qui changerait le cours de la vie de Fenrir arriva et recracha un cadavre, la futur fierté de l'orpheline.

     

    Une semaine après que le vaisseau ne se soit échoué, l'impensable se produisit et, comme venant de nulle part, Neir réapparut. La jeune fille s'était transformée en jeune femme et maintenant la maturité et la sagesse se lisait sur son visage, son sourire était lui, toujours le même.

     

    Fenrir, quant à elle, avait alourdi ses poches de choses inutiles et développé le caractère provocateur qui était maintenant le sien. Les deux amies d'enfance fêtèrent leurs retrouvailles à leur façon, assissent autour d'un feu, en été, elles se racontèrent ce qu'avait été leur vie jusque là et leur projet. Fenrir parla du bateau qu'elle avait trouvé dans la soirée et Neir se prit au jeu. Ensemble, elles allaient le retaper et voyager avec … C'était leur petit projet.

     

    La réparation leur prit un an. Un an complet, l'hiver avait passé et geler le bout de leur doigts mais elles n'avaient pas abandonné. Leur volonté était d'acier et leur feu chaud et bienveillant.

     

    L'été était revenu et le navire avait ressuscité. Les deux jeunes femmes contemplaient leur œuvre avec fierté. Le feu d'été qui les avait réunies crépitait dans leur dos. Fenrir prit la parole :

     

    «Neir… J'ai une envie folle…

    - Dis toujours…

    - Neir … J'ai envie de faire voler ce bateau … J'ai envie de découvrir d'autres mondes.»

     

    Neir écouta son amie sans rien dire puis explosa de rire. C'était une idée complètement folle… et extrêmement séduisante… La dessinatrice avisa le regard sincère de Fenrir et dis alors :

     

    «Ca me plairait énormément !»

     

    Et les voilà qui étaient reparties pour deux ans de travail acharné, de nombreux pétages de câble de Fenrir :

    «J'EN AI MAAAARRE !!! POURQUOI CA NE FONCTIONNE PAS !! VIS DE MES DEUX !! TU VAS RENTRER DANS CE PUTAIN DE TROU!! C'EST PAS POSSIBLE MERDE !!»

    De douces paroles de Neir :

    «Fenrir, calme toi, tu t'es juste trompée de trou, celui-ci est plus petit, il fait noir, on est fatigué, laisse cette vis pour demain, elle ne partira pas.»

    De jurons étouffé et surtout de crises de rire.

    Elles y avaient mis tout leur potentiel et elles avaient terminé. L'Elian était né. Il se baladerait entre les mondes avec à son bord deux pirates : Neir, Architecte et Fenrir, Mécanicienne. Elles seront vites rejointes par diverses personnes aux caractères variés, tous géniaux à leur façon. Leur seconde famille, leurs amis, leur équipage, leur nouveau monde.


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